QUESTIONS ARCHIVÉES

DES QUESTIONS SOUVENT POSÉES :

• Est-ce qu’on ira tous au Paradis ?
• Un mystère de liberté
Une bonne nouvelle
• Jugement particulier, Jugement dernier ?
Que font les défunts au Purgatoire ?
L’Amour qui purifie
Un regard de vérité
Une solidarité universelle
Une présence sans visage

Est-ce qu’on ira tous au Paradis ?
«On ira tous au Paradis», dit la chanson… Personne n’y sera forcé, affirme la foi chrétienne. En ce domaine, Dieu propose et l’homme dispose. Qui voudrait d’un bonheur forcé ? Dieu va jusqu’au bout du Don de lui-même mais ce Don reste un cadeau que l’homme peut refuser. Parler d’un Jugement, c’est parler de la rencontre de deux libertés.
«Dieu pardonne toujours. Il ne juge pas. Si Dieu est Dieu, il doit venir à bout de la malice humaine. Il ne peut fabriquer un enfer éternel, encore moins y enfermer quelqu’un»... De telles affirmations cachent souvent une profonde angoisse et une fausse conception de l’Amour. Dieu, certes, n’est pas un gendarme qui cherche à prendre l’homme en flagrant délit. C’est un Dieu clément, et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour» (Ex 34,6 ; Ps 102,8). Mais que serait un Dieu d’Amour qui passerait systématiquement l’éponge sur nos vies et devant qui nos existences seraient comme neutres ? Un Dieu pour qui le mal et le bien seraient indifférents ?
En Dieu, la Justice est Miséricorde et la Miséricorde est Justice. Dieu est toujours Amour quand Il juge et Justice quand Il aime. Une miséricorde sans justice est humiliante. Une justice sans miséricorde est écrasante. Sa Justice est celle d’un Dieu qui connaît le secret de nos cœurs et de nos vies et qui veut la suppression de tout mal. Sa Miséricorde suppose de ne tolérer aucun mal.

Un mystère de liberté
L’enfant manifeste avec acuité une des contradictions humaines : chez lui, un sens aigu de la justice cohabite avec l’espoir de ne pas en subir les rigueurs. Il sent naturellement que le désordre engendré par le mal appelle sanction et réparation mais il attend de ceux qui l’aiment une forme de justice supérieure qui prend la forme du pardon. Il sait aussi qu’il peut refuser ce pardon et se murer dans son refus. Très tôt, il expérimente le choc ou l’alliance de deux libertés. Il sait qu’il doit rendre des comptes et cela lui permet de se construire.
Le mystère du Jugement est un mystère de liberté. Le temps de notre vie nous est donné comme un temps ouvert à l’accueil ou au rejet de l’Amour sauveur de Dieu. Notre Salut se joue sur une acceptation pleinement libre de cet Amour. Mais l’orgueil peut bétonner à ce point la muraille de nos péchés que la grâce de Dieu ne peut la renverser. Mourir hors de l’amour, c’est non seulement ne pas aimer, mais plus encore ne pas accepter d’être aimé. Toutes les fois où nous refusons d’être aimés, nous expérimentons cet enfermement sur nous-même qui peut aller jusqu’à nous couper définitivement de Dieu.
«C’est ici-bas que la vie est perdue ou gagnée», écrivait saint Cyprien de Carthage, au IIIe siècle. «Ici-bas, on travaille au salut éternel par le culte de Dieu et le fruit de la foi. Que personne ne soit donc arrêté par ses péchés ni par les ans pour se hâter d’obtenir le salut. Aussi longtemps qu’on est en ce monde, aucune pénitence n’est tardive. L’accès à l’indulgence divine demeure ouvert, et cet accès, pour qui cherche et pour qui comprend la vérité, est facile.»

Une bonne nouvelle
Dieu juge en étant lumière, c’est-à-dire en ne laissant rien dans l’ombre. On peut fuir la lumière toute sa vie, mais il y aura au moins un dernier instant, celui de la mort, où l’on ne pourra plus tricher. Cette lumière n’est pas un projecteur violent qui aveugle pour mieux fouiller la conscience mais une lumière douce et bienfaisante qui met dans la vérité sur soi-même et attire dans la chaleur de son rayonnement.
Cette Lumière divine est une Bonne Nouvelle pour tous ceux qui subissent la violence du monde et ont soif d’une justice qui ne soit pas simplement humaine. Ainsi, les pauvres des Béatitudes, protégés par la certitude qu’une Justice parfaite existe et que c’est à elle qu’appartient le dernier mot de l’Histoire, sont confortés dans l’Espérance. Car «si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur. Il connaît tout» (1Jn 3,19) et «Il veut que tout homme soit sauvé» (1Tim 2,4). L’Écriture va même jusqu’à dire que celui qui vit de la Miséricorde divine «se rit du jugement» (Jc2,13 ; 1Jn 4,17).

Jugement particulier, Jugement dernier ?
La foi chrétienne distingue le jugement particulier et le Jugement dernier. Au moment de la mort, notre sort final est fixé (Hb 9,27). Mais toutes les conséquences de ce jugement ne sont pas tirées avant le Jugement général qui aura lieu lors du retour du Christ, à la fin des temps.
Le jugement particulier qui suit immédiatement la mort réelle concerne notre dernier acte de liberté, préparé par tout ce qu’a été notre vie. Mais il peut aussi être un acte d’arrachement brutal au péché comme ce fut le cas pour le bon larron. Ce jugement personnel décide de notre destinée éternelle : celui qui meurt dans l’amour de Dieu est accueilli au ciel dans l’intimité des Personnes divines en compagnie des anges et des bienheureux ; celui qui meurt dans l’amour, mais sans avoir atteint la perfection de la Charité, entre dans un état de purification que l’on appelle le Purgatoire ; enfin, celui dont le cœur s’est définitivement fermé à l’amour est fixé définitivement dans cette rupture avec Dieu. C’est ce qu’on appelle l’enfer.
Le jugement dernier sera précédé par la résurrection de tous les morts, accompagnée de la venue du Christ en gloire. C’est alors que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu. Le jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre» (CEC 1039). Le Père seul en connaît le jour. Par son Fils, Il prononcera sa parole définitive sur toute l’histoire. Nous connaîtrons le sens ultime de toute l’œuvre de la création et de toute l’économie du salut, et nous comprendrons les chemins admirables par lesquels sa Providence aura conduit toute chose vers sa fin ultime» (CEC 1040).

Que font les défunts au Purgatoire ?
Paraître devant la sainteté de Dieu peut sembler une épreuve redoutable malgré tous nos efforts. A moins que ce soit Dieu Lui-même qui opère en nous cette ultime transformation qui ouvre notre cœur à la plénitude de la Charité. Cette transformation préparatrice est purifiante.
Du buisson ardent de Moïse au char de feu d’Elie, des charbons enflammés d’Isaïe aux flammes du Cantique des Cantiques... toute la Bible le dit : Dieu est un feu dévorant ! Et ceux qui s’engagent dans l’expérience spirituelle, à la rencontre du Dieu vivant, le disent également : l’approche de Dieu est une brûlure.
Mis au feu, le bois humide commence par noircir, craquer et fumer. Puis vient l’embrasement. La Bible emploie l’image du feu du fondeur qui sépare l’or pur de sa gangue pour décrire comment celui qui veut devenir «vive flamme d’amour» doit se laisser purifier par Dieu. Nous nous contenterions volontiers d’un petit bonheur, d’un petit paradis, d’un petit salut. Mais Dieu veut pour nous le meilleur : Lui-même.