DES QUESTIONS SOUVENT POSÉES :
• L’Amour qui purifie
Un regard de vérité
Une solidarité universelle
Une présence sans visage

L’Amour qui purifie
Car Dieu ne peut faire autre chose qu’aimer. Mais suivant la disposition dans laquelle chacun le reçoit, l’amour de Dieu est reçu de façon très différente : béatitude pour les âmes bienheureuses, souffrance purificatrice pour les autres, voire même feu qui consume pour les âmes qui refusent Dieu.
Le dernier acte de notre liberté est une remise de nous-même à l’Amour. Notre âme plonge alors directement en Dieu. C’est le Ciel. Mais il peut rester encore une part d’égoïsme qui tiédit le feu de la Charité en nous et demande à être purifié. C’est alors le «purgatoire» qui n’est ni un enfer à durée limitée, ni un lot de consolation. Les âmes du Purgatoire sont définitivement sauvées. Mais elles ne peuvent entrer directement dans l’intimité divine. C’est ce qu’explique Jean-Paul II : «Pour ceux qui (à leur mort) se trouvent en condition d’ouverture à Dieu, mais de façon imparfaite, le chemin vers la pleine béatitude exige une purification que la foi de l’Eglise illustre à travers la doctrine du Purgatoire.»
Toute trace d’attachement au mal doit être éliminée, toute difformité de l’âme corrigée. Pas un atome d’égoïsme ne peut entrer «chez Dieu». Pour cela, l’âme doit se laisser faire, être passive entre les mains de Dieu, s’ouvrir à l’œuvre de restauration qu’Il accomplit en elle. Elle n’a plus qu’à se laisser aimer, dans un abandon complet.

Un regard de vérité
Pour beaucoup, le «purgatoire» se fait déjà sur terre, par l’acceptation aimante des souffrances de la vie. Offertes par amour, elles sont purificatrices. Il y a aussi la purification passive de la maladie et de l’agonie. Beaucoup de mourants, en faisant l’offrande de leur vie en union avec Jésus, font vraisemblablement un acte de Charité parfaite qui les introduit directement au Ciel.
Mais nous pressentons que nous ne sommes pas prêts à voir Dieu face-à-face. Auprès de Lui, la moindre imperfection devient insupportable. Au moment du jugement particulier, en nous voyant dans sa Lumière, nous constatons combien nous avons mal répondu à son Amour. Nous mesurons les conséquences de nos manquements sur nos proches, sur la société, sur l’avancée du dessein de Dieu dans le monde. Ce regard de vérité provoque un repentir qui nous ouvre à une transformation de nous-même. Cette transformation, c’est Dieu qui va l’accomplir. La souffrance principale des âmes du Purgatoire, c’est donc de ne pas encore être unies à Dieu. Mais à cette souffrance se mêle une joie incomparable : la certitude de plonger pleinement dans la Vie.

Une solidarité universelle
En Dieu, vivants et défunts ne forment qu’une famille, qui vit de la charité fraternelle. Leur existence terrestre étant terminée, les âmes du Purgatoire ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes. Mais elles offrent leurs souffrances pour les vivants et sont ainsi source de grâces. Celles qui nous sont proches nous soutiennent et parfois nous guident. Nous-mêmes pouvons les aider par nos prières et la sainteté de nos vies. Nous pouvons porter avec elles leur fardeau et même l’alléger. Dans leur ultime épreuve, la prière de l’Église et l’intercession des saints les aident à dire enfin : «Oui, viens Seigneur Jésus, viens !» Cet échange d’amour, c’est le mystère de la Communion des saints Comme le dit le héros du journal d’un curé de campagne de Bernanos : «Il n’y a pas un royaume des vivants et un royaume des morts, il n’y a que le royaume de Dieu, vivants ou morts, et nous sommes dedans.»

Une présence sans visage
Le Seigneur fait sentir sa présence de telle sorte qu’Il ne montre cependant point son visage. Il répand au-dedans sa douceur, mais Il ne manifeste point sa beauté. Il y répand sa suavité, mais n’y montre point sa clarté. (…) Il est encore environné de nuages et d’obscurités. Son trône est encore sous une colonne de nuées. A la vérité, ce que l’on sent est extrêmement doux, mais ce que l’on voit est tout dans les ténèbres, car le Seigneur n’apparaît pas encore dans la lumière. Le feu chauffe plutôt qu’il n’éclaire. Il enflamme bien la volonté mais n’illumine pas l’entendement. L’âme donc en cet état peut bien sentir son Bien-Aimé, mais il ne lui est pas permis de l’apercevoir. Si elle le voit, c’est comme dans la nuit, comme derrière un nuage. Enfin, l’âme voit bien comme dans un miroir, en une énigme, mais non pas face à face : de là vient qu’elle s’écrie : Faites luire sur votre serviteur la lumière de votre visage.» Richard de Saint-Victor (XIIe siècle)

Questions et réponses tirées de «Lumières sur la mort et l’au-delà» N° spécial de «Chemins d’Eternité» (4,60 €)

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